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Renaissance d'un pigeonnier


Renaissance du Pigeonnier de Crozes:
Hier ;...                    ...Aujourd'hui ...
... et peut-être demain

Voici comment il était il y a 25 ans
Voila ce que j'ai trouvé
Voici comment il sera bientôt j'espère

Historique

L'histoire commence il y a plusieurs siècles (dans les années 1700 ?), dans la campagne, aux limites du Lauragais et de la plaine du Castrais. Sur les terres de la métairie de M. Crozes est implanté un superbepigeonnier sur piliers en pierre de Navès. Sa caisse est tout entière bâtie de briques rouges (235x325x40) et de chaux. Deux tours de défense viennent briser la monotonie de la construction : l'un juste au-dessus des poutres et l'autre au-dessus de la porte. Ils sont constitués de 3 briques en encorbellement, le profil des inférieures et des supérieures étant arrondi. La porte est entouré d'énorme pierres de taille, il y en a 13 en tout.

Tout se passe bien pour ce pigeonnier, accueillant ses habitants dans de confortables nids de bambous et de torchis ; il reçoit (au début de ce siècle probablement), le voisinage d'un second pigeonnier, encore présent sur le site et qui a été restauré en 1995. Néanmoins, ce dernier n'a rien à voir avec le premier, ce n'est qu'une pigeonnière de type Toulousain alors que l'autre était de type Castrais. Jusqu'à un jour de la 8ème décennie du siècle passé, où le pilier nord cède sous les attaques des lapins de garenne peuplant le rez-de-chaussée. En un instant et dans un grand fracas, il ne reste plus rien du bel édifice, seulement un tas de gravas. Je n'étais même pas né ce jour là.
...
Les pierres restèrent en sommeil pendant quelques années.
...

le panorama du début des fouilles

Mais un jour, à l'aube de ce siècle, voilà qu'elles revinrent à la lumière.


Les fouilles

Je vais présenter maintenant ce qui a occupé mes week end, durant l'hiver et le printemps 2001.

les pierres d'encadrement de la porte
Le 20 février, j'ai commencé à "déterrer" mon pigeonnier. On ne soupçonnait rien, car il n'y avait qu'une bute au milieu d'un pré. J'ai attaqué par le côté Est, où se trouvait la porte, avec ses pierres d'encadrement que l'on aperçoit sur la photo de droite. Elles sont comme celles des piliers en pierre de Navès. Il y en a 13 en tout : 6 de chaque côté plus le linteau.

J'ai ensuite dégagé le pilier Nord Ouest. C'est celui ci qui a entraîné la chute de l'édifice en s'affaissant. Par enchaînement, les deux du Sud sont tombés mais seulement les pierres supérieures, les bases sont encore en place. Le pilier du Nord-Est lui, s'est cassé (voir photos plus bas).






La facade Sud Le 24 février, la colline est débarrasée de la végétation et de la terre végétale accumulée au cours des années. Sur la face sud, qui est tombée à moitié à l'intérieur et à moitié à l'extérieur du mur bâti entre les piliers, on ne voit rien, tout est désorganisé. Par contre, sur les faces Nord et Ouest, on repère parfaitement l'agencement des briques dans le mur. Ceci m'a permis de découvrir que la caisse possédait deux rebords de défense, faits de 3 rangs des mêmes briques que le mur. La seule différence est que 2 rangéees sont faites de briques au profil arrondi pour l'esthétique. Une reconstitution est présentée sur la photo.

Une reconstitution du profil des rebords de défenseAyant retrouvé une poutre du bas de caisse "comme neuve", je l'ai remise en place, ce qui donne déjà plus d'allure à l'ensemble.

Un arc pour reporter le poids sur les piliersCourant mars, j'ai continué de dégager les briques de façon à bien voir comment elles s'ordonnaient et pour essayer d'en casser le moins possible (je n'en ai néanmoins récupéré que 20 entières aujourd'hui !). Sur la photo de droite, on voit de manière nette l'organisation des briques dans le mur. La plupart sont disposées horizontalement, mais d'autres sont en travers. Il s'agit en fait d'un arceau permettant de répartir le poids d'un mur tout en maçonnerie et de 30 cm d'épaisseur sur les piliers pour épargner la poutre.


La deuxième étape a consisté à retirer les briques de leur lit. J'ai tenté de récupérer l'essentiel de ce qui pouvait l'être et l'ai mis sur palettes.
L'arceau du mur OuestNéanmoins, je n'ai pas creusé jusqu'au niveau du sol d'origine car il reste encore les décombre du mur qui clôturait le rez de chaussée. Celui ci est en galets alors que l'étage était uniquement en briques. On peut encore bien voir l'arceau, en ayant dégagé certaines briques.
ChapiteauAprès avoir dégagé toutes les briques, je dégage les piliers. On peut voir sur la photo de droite le chapiteau de l'un d'eux. En fait, les piliers sont constitués de 5 pièces chacun. D'abord une pierre de fondation de base carrée (50 cm). Sur celle ci est posé un premier élément du fût dont la base est sculpté (carré --> rond). Le deuxième élément de fût est un simple cylindre qui accueille le champignon immense. Enfin le chapiteau s'insère entre champignon et poutre.


Au mois de mai je me suis attéché à dégager le mur du rez-de-chaussée sur la face Sud. Il allait autrefois jusque sous les poutres, mais il s'est écroulé le premier avant même le pigeonnier. Aujourd'hui, ce côté des ruines est le plus élevé, il reste en palce un pan de mur d'une hauteur d'un mètre environ.

L'extérieur de la face SudCe qu'il y avait devant et sur ce mur

Vue sur l'ensemble du chantier au 12 mai, on voit la face intérieure du mur J'ai ensuite creusé l'intérieur du pigeonnier. On retrouve ici les anciennes poutres du plancher (une grosse au milieu et des chevrons en travers). ,ou encore des pièces de charpente car quand elles n'ont pas été enterrées, elles sont encore identifiables. En creusant contre le mur, jusque sous la "litière" (le rez de chaussée servait de garenne ou de poulailler), j'ai trouvé des ardoises qui manifestement sont là depuis fort longtemps, puisqu'elles sont entières et par paquets. Elles datent soit de l'origine, soit d'une réfection de la toiture, à moins qu'elles n'aient servies à la construction de garennes). Il y en a eu au moins une restauration au cours de ce siècle car on trouve de nombreux crochets manufacturés, plus faciles à poser que les traditionnels clous.
On rencontre aussi des ossements, tant de pigeons que de lapins et des briques carrées percées d'un trou rond qui servent à faire des nids pour les pigeons. J'ai aussi résupéré de nombreux clous, certains forgés d'autres pas selon qu'ils sont d'origine ou liés à des réparations.



Reconstitution de l'encadrement de la porteLe 2 juin 2001, je reprends les travaux, ne pouvant m'en occuper que quand je ne suis pas pris par mes études. Je continue de dégager le mur du rez de chaussée, par l'intérieur. J'ai encore trouvé quelques ardoises "neuves".
Sur la photo ci contre, j'ai réalisé une reconstitution de l'encadrement de la porte. Les 11 pierres ont été replacées virtuellement. Les dimensions de la portes sont alors 80 cm de large et 170 cm de haut.
Le même week end, je dégage le bas du pilier Nord-Est (celui qui est coupé) de façon à voir le dessus de la pierre de fondation. Sa section est carrée (60 cm x 60 cm) alors que le fût à un diamètre de 50 cm. J'ai aussi dégagé le bas du pilier Nord Ouest. Surprise, alors que je pensais que cette pierre était entière, elle est en fait coupée. En effet, le pilier s'est incliné mais un "coin" est resté en place. La pierre semble comme "délitée" ce qui est une marque de la contrainte qui s'est exercée sur ce pilier lors de l'effondrement.

Ensuite, j'ai commencé à faire une ébauche de ce que pouvait être ce pigeonnier...

Mais, les études ont repris le dessus et je n'ai pas pu trouver le temps de refouiller le site du pigeonnier jusqu'en 2003. D'abord en raison d'un voyage dans l'Ouest américain en 2001, puis de deux années de cours intenses : le cycle ingénieur de l'ESAP.







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Néanmoins je n'ai pas oublié le pigeonnier. En 2003, il est revenu au premier plan à l'occasion d'un salon sur le patrimoine et l'habitat à Mazamet, où j'ai pu rencontrer des gens passionnié tant au niveau des organismes pouvant apporter une aide technique et/ou financière (comme la Fondation du Patrimoine) que des artisans.
J'ai entrepris plusieurs démarches pour monter un projet solide, en relation avec des professionnels.

Dans le même temps le réaménagement du site se poursuit. Le 20 avril 2003, avec mon père, j'ai déblayé le tour du pigeonnier. Nous avons dégagé les grosses pierres des piliers au fur et à mesure de l'enlèvement des décombres. Nous avons pu examiner d'elles. Une chose est sre, il ne reste aucun chapiteau ; quant aux champignons, tous ne semblent pas réutilisables. Dans l'ensemble, les fûts semblent corrects. De toute façon, j'ai demandé l'aide et fait appel au professionnalisme d'un tailleur de pierres pour juger et dresser le bilan.
Evidemment, cela ne ressemble toujours pas à un pigeonnier mais de moins en moins au talus que j'ai toujours vu dans mon enfance...



...

En 2004, après avoir fait réaliser des devis pour refaire tailler des peirre, et devant le montant des travaux (pierre et autre), j'ai mis au point un propcédé qui permet de recosntituer les pierres, à l'intérieur de moules reprenant la forme des peirres taillées. La technique est à finalisée dès j'aurais un peu de temps.

Depuis l'entrée dans la vie active (juin 2004), je n'ai pu trouver le temps pour le pigeonnier.

Mais ce n'ai pas oublié...


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Date de la dernière modification : 25 avril 2007
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